Quand on pense au Douro, l’imagination voyage immédiatement vers les vignes en terrasses et les miroirs d’eau qui reflètent le soleil. Cependant, il existe un autre Douro, plus silencieux, fait de pierre granitique, de boiseries dorées et d’une profonde dévotion populaire. Dans les 19 municipalités qui composent la Communauté Intermunicipale (CIM) du Douro, le tourisme religieux n’est pas seulement une expérience de foi ; c’est une immersion dans l’architecture, l’histoire et la façon dont les populations ont interagi avec la nature au fil des siècles. Que ce soit lors d’un pèlerinage vers un sanctuaire au sommet d’une montagne ou dans le recueillement des murs épais d’un monastère médiéval, la région offre de véritables refuges pour l’âme.
Le paysage accidenté de la vallée a très tôt été le théâtre parfait pour ériger de grands sanctuaires et de hauts lieux de dévotion qui semblent toucher le ciel. À Lamego, il est impossible de contourner le majestueux Sanctuaire de Nossa Senhora dos Remédios, dont l’escalier baroque monumental, creusé dans la colline et bordé de chapelles et d’azulejos, offre l’une des ascensions spirituelles les plus éblouissantes du pays. Plus à l’est, à Sernancelhe, le Sanctuaire de Nossa Senhora da Lapa se dresse comme l’un des lieux de pèlerinage les plus anciens de la péninsule ibérique, construit autour d’un rocher impressionnant où la dévotion se fond littéralement avec la roche.
En descendant vers la vallée du Varosa, dans la commune de Tarouca, nous découvrons le silence et l’héritage de l’Ordre de Cîteaux. Les moines cisterciens recherchaient l’isolement et le travail agricole, laissant un héritage incalculable, bien évident dans le Monastère de São João de Tarouca — le premier de l’ordre fondé au Portugal, au XIIe siècle, où repose D. Pedro, comte de Barcelos. À une courte distance, l’imposant Monastère de Santa Maria de Salzedas domine le paysage du village, témoignant de la richesse et de l’influence religieuse d’autrefois à travers ses grandioses extensions baroques.
Au-delà des grands monastères, la religion ponctue le paysage du Douro à travers des ermitages et des belvédères de foi qui bénissaient le fleuve et ceux qui y travaillaient. Le Sanctuaire de São Salvador do Mundo, à São João da Pesqueira, est un ensemble de petites chapelles culminant dans l’un des points de vue les plus spectaculaires sur le fleuve Douro et le barrage de Valeira, offrant un lieu de pèlerinage ancestral et une tranquillité absolue. De même, la foi des populations a façonné les villes, comme on le voit dans l’Église Matrice de São Miguel à Armamar, un bel exemple roman construit avec des pierres de l’ancien château local.
Enfin, le patrimoine urbain et la splendeur du baroque se révèlent avec une intensité particulière dans la ville de Vila Real. Ici, la richesse des familles nobles s’est traduite par un art sacré d’exception, bien visible dans la Capela Nova, un chef-d’œuvre à la façade Renaissance et baroque attribué à Nicolau Nasoni, et dans la Cathédrale de Vila Real, ancienne église du couvent de São Domingos, dont l’architecture gothique mendiante et austère contraste de façon fascinante avec l’exubérance d’autres monuments de la ville.
Explorer le tourisme religieux dans les municipalités de la CIM Douro, c’est au fond découvrir le fil invisible qui unit l’humanité au paysage monumental de la vallée. C’est une invitation à ralentir le pas, à écouter le silence et à contempler une beauté architecturale et spirituelle qui résiste stoïquement au temps.
